Fonction
publique :
Nicolas Sarkozy propose un pacte écrit à l’encre libérale
!
Après les attaques contre le droit
de grève dans les transports, les annonces sur les régimes
spéciaux qui préfigurent l’allongement de la durée
de cotisation pour tous les salariés et les franchises médicales
qui vont peser sur les malades, Nicolas Sarkozy a présenté
son plan pour la Fonction Publique. Dans son discours, tout apparaît
comme si les règles de gestion des personnels n’avaient pas
changé depuis 1958 et étaient archaïques. Pourtant
des réformes profondes se sont succédées ces dernières
années entraînant suppressions d’emplois, dégradations
des conditions de travail et sape du service public. Nicolas Sarkozy veut
taper plus loin et plus fort et sa référence à 1958
sert de couverture pour pouvoir annoncer la casse du statut des personnels.
L’Union syndicale Solidaires est prête
à avoir un dialogue social constructif sur les missions de services
publics. Mais le président propose une logique perdante, perdant
pour les usagers, perdant pour les personnels. Le Chef de l’Etat,
avant même de pouvoir diagnostiquer les besoins réels en
matière de services publics, décide de continuer sa logique
de suppression d’emplois massive. Pour l’Union syndicale Solidaires
la politique de l’emploi dans la fonction publique devrait d’abord
être déterminée par les besoins de la population en
matière de services publics et leur amélioration.
Les réformes annoncées, avec
comme arme la Révision Générale des Politiques Publiques
(RGPP) et les suppressions d’emplois, entraîneront la fermeture
de services publics de proximité Ceci aura comme conséquence
une dégradation de l’égalité d’accès
au service public pour les citoyens et entraînera pour les personnels,
une mobilité présentée par le Président, comme
choisie, mais qui deviendra, de fait, une mobilité subie.
La vision des règles de gestion qu’a
le Chef de l’Etat est d’accélérer l’individualisation
dans la gestion et la rémunération. Elle nous entraîne
vers une fonction publique resserrée sur des métiers où
les personnels seront choisis par entretien individuel (fin des concours),
malléables dans leur affectation et bloqués dans leur carrière
et dans leur pouvoir d’achat. Cette vision est conforme à
l’idéologie du Président : individualisme, mérite
et bénéfice pour une petite minorité. Quant aux heures
supplémentaires, elles seront, à l’instar du privé,
imposées par l’administration, le manque d’effectif
ou par les difficultés à boucler les fins de mois.
La « refondation » que nous
propose Nicolas Sarkozy va peser lourdement sur les conditions de vie
et de travail des personnels. Le Pacte services publics 2012 de Nicolas
Sarkozy ressemble à un pacte avec le diable. Le contrat est présenté
de manière flatteuse et alléchante mais pourrait à
terme faire perdre son âme à la Fonction publique.
Le Chef de l’Etat n’a pas répondu
aux exigences des personnels sur le pouvoir d’achat et ignore l’appel
unitaire des organisations syndicales à ouvrir des négociations
salariales. Il mène une politique contraire aux revendications
de personnels sur l’emploi, les conditions de travail et la défense
des services publics.
L’Union syndicale Solidaires appelle
à construire dans l’unité les mobilisations unitaires
nécessaires face à ces attaques sans précédent
qui s’inscrivent dans une offensive généralisée
contre tous les salariés du privé comme du public et contre
les chômeurs et les précaires.
Paris, le 19 septembre 2007
Union
syndicale Solidaires - 93bis, rue de Montreuil - 75011 Paris
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