Assurance
maladie :
un projet de loi injuste !
Le projet de loi de financement de la sécurité
sociale (PLFSS) marque, avec l’instauration de franchises médicales,
un pas supplémentaire dans la remise en cause du principe de solidarité
inscrit pourtant au coeur de la sécurité sociale. Ces franchises
- 50 centimes par boite de médicament et par acte paramédical,
de 2 euros par transport sanitaire -, se rajouteraient ainsi au forfait
hospitalier fixé à 16 euros, au forfait d’un euro
sur tous les actes médicaux, à la participation forfaitaire
de 18 euros sur les actes médicaux supérieurs à 91
euros, au ticket modérateur déjà existant et au déremboursement
de médicaments dont nombreux étaient efficaces.
Cette mesure prolonge les orientations antérieures
de gestion comptable de l’assurance maladie qui ont pourtant toutes
échoué. Le déficit de l’assurance maladie ne
vient pas fondamentalement d’un excès de dépenses,
mais d’un manque de recettes. La France se trouve d’ailleurs
dans la moyenne des pays comparables en terme de dépense de santé.
Si notre système de santé doit être réformé
pour y combattre les inégalités actuelles et pour faire
une plus grande place à la prévention, les dépenses
de santé devront augmenter pour faire face au besoins nouveaux
de la population. Il faut donc trouver des recettes nouvelles.
Il est particulièrement choquant
que la taxation des stock-options préconisée par la Cour
des comptes, et qui pourrait rapporter plusieurs milliards d’euros,
ne soit pas envisagée, alors que le gouvernement vient de faire
un cadeau fiscal d’environ 15 milliards d’euros en faveur
des catégories les plus aisées de la population. De plus,
alors que les profits des entreprises battent tous les records, aucune
augmentation des cotisations patronales n’est envisagée.
Alors que dans l’assurance-maladie,
chacun cotise en fonction de ses revenus et est soigné en fonction
de son état de santé, la mise en place d’une telle
franchise accroîtrait encore les inégalités en matière
de soins. Sa logique est claire : les malades doivent payer pour les malades.
Il est particulièrement révélateur que les malades
atteint d’un affection de longue durée (ALD) n’en soient
même pas exemptés.
Dans cette situation, la journée
de débats et mobilisations unitaires le 29 septembre lancé
par un large collectif d’associations, de syndicats et de partis
politiques prend une importance particulière. Cette journée
doit être le point de départ de la construction d’un
rapport de force national pour faire reculer le gouvernement sur cette
mesure inique.
Le 25 septembre 2007
Union
syndicale Solidaires - 93bis, rue de Montreuil - 75011 Paris
Tél : 01 58 39 30 20 - Fax : 01 43 67 62 14 - Site internet : www.solidaires.org
|