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C'est
la lutte de mouvement ouvrier pour la réduction du
travail et notamment de la revendication des "trois-huit"
(huit heures de travail, huit heures de loisirs, huits heures
de repos) qu'est née la tradition du 1er mai.
Les
ouvriers américains de la branches des travaux publics
furent les premiers à obtenir une loi sur les huits
heures en 1868. Mais elle ne fut guère respectée.
Les années 1873-1883 furent difficiles pour les ouvriers
américains. Il y eut une crise économique et
l'année 1877 fut marquée par une forte résistance
ouvrière, mais aussi par une répression patronale
féroce. On compta un millier de morts dans les rangs
ouvriers. Les mêmes troupes qui avaient écrasé
les Indiens Sioux en 1876 furent déplacées à
Chicago, cette fois contre les grévistes.
Lassés
d'attendre que les huits heures soient étendues aux
autres branches industrielles, les syndicalistes américains
décidèrent qu'à partir du 1er mai 1886,
les ouvriers se limiteraient à huit heures de travail
par jour. Tous les militants ouvriers d'alors, syndicalistes
mais aussi anarchistes et "chevaliers du travail",
firent campagne tous ensemble. L'internationale socialiste
décida d'organiser une grande manifestation internationale,
à date fixe, afin que, dans tous les pays, les ouvriers
imposent la législation des huit heures.
La
date choisie fut le 1er mai 1890.
En
France, l'année suivante, il y eut des bagarres avec
la police.
A
Fourmies l'affrontement fut sanglant. La troupe, qui étrennait
un nouveau fusil, le Lebel, tira. Il y eut 80 blessés
et 10 morts, deux adultes de 50 et 30 ans, quatre garçons
et quatre filles de 11 à 22 ans. Les 1er Mai allaient
être particulièrement durs jusqu'à la
Première Guerre mondiale. En 1937, le 1er mai devint
un jour chômé pour les fonctionnaires à
l'initiative du Front Populaire.
Ce
que généralisa Pétain, qui transforma
ce jour de contestation sociale en un banal jour de repos,
le 1er mai 1941. Et, pendant qu'il y était, il imposa
comme symbole le muguet, que les royalistes arboraient depuis
la fin de la guerre de 1914, préférant sa couleur
blanche au rouge de l'églantine qu'arboraient les ouvriers.
Aujourd'hui,
la tradition de lutte qu'a pu représenter le 1er Mai
est souvent oubliée, du moins en France. Mais il ne
faut pas s'y fier. Au fond, l'histoire du 1er Mai épouse
celle de la lutte ouvrière et, comme elle, elle a ses
hauts et ses bas.
Mais
elle ressurgit toujours.
1er
mai 1995
Brahim
Bouarram, un jeune Marocain est jeté à la Seine
par des skinheads en marge d'un défilé lepéniste.
Depuis tous les ans le 1er mai dans la matinée, un
rassemblement à lieu à Paris sur le pont du
Carrousel en mémoire de Brahim Bouarram.
Lire
"Le procès de Jean-Marie Le Pen" de Mathieu
Lindon - Folio 3310
1er
mai 2002
Quand
un symbole ouvrier devient un symbole anti-fasciste
Le
21 avril 2002, Jean Marie Le Pen passe le 1er tour des élections
présidentielles. La France est sous le choc, de nombreuses
manifestations pour dire non au mouvement d'extrème
droite ont lieu alors presque tous les jours. Le 1er mai sera
le point d'orgue des défilés contre le Front
National.
Plus
de 1 300 000 personnes sont descendues dans la rue pour marquer
leur opposition à Jean-Marie Le Pen. A Paris, la manifestation
unitaire "contre l'extrême droite et pour le progrès
social" a rassemblée près de 400 000 personnes.
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