| Mouvement
ouvrier
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La Commune, Paris 1871
Barricade de la Chaussée de Ménilmontant, mars
1871
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I.
LES
PREMIERS SIGNES D'ORGANISATION ET DE LUTTES
Au
début du 19ème siècle, les ouvriers
fondent les premières mutuelles pour garantir les
risques accidents du travail, chômage, maladie. Les
tarifs mensuels sont élevés, elles sont réservées
aux ouvriers très spécialisés (verriers,
tisserands, chapeliers ...). L'État les tolère
mais les surveille, craignant l'aide aux salariés
en grève.
1828
La Société du Devoir Mutuel de Lyon, fondée
par les Canuts (tisserands en soie) se donne pour objectif
d'obtenir pour ses membres des salaires plus élevés
et de meilleur conditions de travail. c'est le premier pas
vers le syndicalisme, pour des ouvriers qui travaillent
souvent chez eux, seuls, avec leurs propres machines.
1831
Les canuts négocient un tarif minimum avec les artisans
et les commerçants qui leur distribuent le travail,
pour tous les ouvriers de leur branche. Devant le refus
des patrons d'appliquer cet accord, les canuts se révoltent
et s'emparent de la ville sans violence ni pillage. Mais
la troupe du maréchal Soult reprend la ville.
1834
Une deuxième révolte fait de nombreuses
victimes chez les canuts et leur famille. L'État,
représentant des notables a choisi la répression.
Malgré
cette défaite le mouvement des Canuts est exemplaire,
prouve la maturité des ouvriers qui se sont regroupés,
organisés et ont tenté de négocier
avec l'ensurrection.
1848
: date de la IIème république, le
suffrage
universel
va permettre l'émergence de partis politiques
à vocation sociale et non plus la "république
des notables".
Le
Mouvement Ouvrier n'apparaît qu'avec la révolution
industrielle, conséquence de la concentration de
la main d'oeuvre dans les fabriques appartenant à
ceux qui disposent de capitaux. La condition du travailleur
est transformée, il est dépossédé
des moyens de production, il est soumis à une discipline
stricte, il cesse d'être isolé et indépendant
et perd la personnalisation de son travail en n'étant
plus qu'un rouage dans la production.
Les
ouvriers vivent une véritable déqualification.
Les machines sont sources de chômage, le travail devient
parcellaire et hiérarchisé. Les ouvriers qualifiés
du début de siècle sont devenus des prolétaires
qui
n'ont que leur force à vendre, avec à la base
de ce prolétariat les enfants, les femmes et la naissance
d'une hiérarchie intermédiare : les contremaîtres
(cf : Germinal d'emile Zola).
1841
Limitation à 8 heures des journées de travail
des enfants de 8 à 12 ans et à 12 heures au
delà de 12 ans.
1852
: coup d'état de Napoléon III et second
Empire avec censure de la presse, surveillance des associations
et programmes des Grands Travaux qui rejette les ouvriers
vers la péréphérie de Paris (baron
Hausmann). Mais l'Empereur doit composer avec le peuple
et, en 1864 est voté la suppression du délit
de coalition et la reconnaissance du droit de grève.
II.
LA COMMUNE DE PARIS
1871,
la défaite de Sedan oblige Napoléon III à
abdiquer. Paris est encerclé par les prussiens. Les
ouvriers et les artisans parisiens résistent. Souvent
au chômage parce que les usines ont fermées,
ils s'arment et créent des comités de vigilance
face à l'envahisseurs. Election d'une municipalité
à Paris : La
Commune.
Les
élections nationales donnent
une majorité conservatrice grâce au vote des
campagnes. Thiers s'installe à Versailles. En essayant
de récupérer les canons, il déclenche
l'insurrection parisienne. Les banlieus ouvrières
prennent le pouvoir et veulent réinventer le coeur
de Paris. Après le vote de la Commune des mesures
d'urgences sont instituées :
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les dettes des commerçants sont reportées,
- les logements vacants sont réquisitionnés,
- les loyers reportés,
- réforme de l'enseignement (laïque et gratuit
en 1871),
- suppression des amendes et retenues sur salaire,
- Bourse du Travail,
- abolition du travail de nuit pour les boulangers
De la fête
à la répression
La
courte période de la Commune et marqué par
l'importance de l'expression populaire, journeaux, tracts,
chansons (l'Internationale) concerts. Mais Paris reste isolé
de la province où des mouvements similiares n'arrivent
pas à se structurer.
Le
21 mai 1871, les troupes de Thiers pénètrent
dans la ville. C'est la semaine sanglante de répression
qui commence : 1/4 des ouvriers parisiens sont exécutés
sans jugement au mur
des Fédéres les autres
sont déportés en Nouvelle Calédonie
(Louise Michel). Le Mouvement Ouvrier Français est
décimé. Toutes les mesures d'urgences votées
par la Commune sont abolies. |
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Le
Mouvement Ouvrier dut imposer la commémoration de
la Commune. Toutes manifestation au Mur des Fédérés
restèrent interdites durant des années
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III - LA IIIème REPUBLIQUE
La
Constitution de 1871 instaure la IIIème République d'abord
composée de monarchistes (Versaillais) puis en 1876
de républicains (république bourgeoise) qui amnistient les
déportés de la Commune. En 1881 est votée l'Ecole
laïque gratuite et obligatoire.
1886,
de nombreux mouvements sociaux dans les mines et les usines
(Jules Vallès publie l'insurgé).
A
partir de 1891, on voit apparaître les premières coopératives
ouvrières qui veulent concurrencer les coopératives patronales
qui distribuaient une partie du salaire en produits alimentaires
souvent de mauvaise qualité en prenant encore un bénéfice
au passage.
La
même année, le 1er mai, à Fourmies dans le Nord, comme partout
en Europe, les ouvriers textiles défilent et réclament en
chantant la journée de 8 heures. En fin d'après-midi, le
maire qui est propriétaire d'une usine donne l'ordre de
tirer dans la foule : 9 morts dont 4 femmes et 2 enfants,
30 blessés. Fourmies entre dans l'histoire de la révolution
industrielle, le sang a coulé. Pour le l0ème anniversaire
de ce drame, 50 % des travailleurs de Fourmies cessent le
travail et réclament 8 heures de travail avec augmentation
des salaires.
Le
mouvement ouvrier est en marche. En 1879 au congrès de Marseille,
il défini son idéologie et prend le nom de Parti Ouvrier
Français. En 1884, le droit syndical est reconnu par le
Parlement.
1887
Création de la 1ère Bourse du Travail à Paris. D'autres
suivront partout en France, souvent dans les mairies. Elles
permettent aux ouvriers de se réunir, font office de placement
des ouvriers et organisent des formations. En 1895,
elles se fédèrent et fusionnent avec les syndicats de branches
et les partis ouvriers (réformistes, marxistes et anarchistes)
pour créer la C.G.T.
La
même année, les ouvriers de Carmaux (maîtres verriers) mettent
en place la première coopérative ouvrière de production
inaugurée par Jaurès. C'est la seule encore en activité
à ce jour, les autres seront étranglées par les grands patrons
de l'industrie (Schneider au Creusot par exemple et plus
récemment LIPP à Besançon en 1977).
1906
Elaboration de la Chartre d'Amiens
qui est le premier manifeste syndical de revendications
des travailleurs qui veulent mener la lutte pour "la disparition
du salariat et du patronat", en dehors de considérations
politiques. Malheureusement, les divisions vont apparaître
au sein du mouvement syndical, liées aux bouleversements
politiques de l'entre-deux guerres. La C.F.T.C. (syndical
chrétien) créé en 1919 et implantée en priorité chez
les employés, progresse dans le milieu ouvrier.
1919
: journée de 8 heures, semaine de 48 heures (1 repos par
semaine).
IV - FRONT POPULAIRE
1936
La victoire électorale du Front
Populaire (forces de gauche) va réunifier
les travailleurs dans les luttes pour arriver dans un l
er temps aux accords de Matignon (liberté syndicale, conventions
collectives, augmentation des salaires, délégués du personnel)
puis après une 2ème grève avec occupation des usines , aux
congés payés (15 jours) et les 40 heures. Devant la fuite
des capitaux, la dévaluation du franc et les difficultés
fiancières et politiques (guerre civile en Espagne), Léon
Blum démissionne le 22 juin 1937 : c'est la fin du
Front Populaire mais les travailleurs, par leurs luttes
ont arraché aux patrons des avancées considérables. -
Le 12 novembre 1938, les Décrets Lois suppriment les 40
heures.
V
- LA GUERRE DE 39-45
1939
: Pacte Germano-Soviétique : les communistes sont exclus
de la C.G.T. ;
1940
: Le gouvernement de Vichy dissout toutes les centrales
syndicales ;
1943
: les communistes entrent dans la résistance et sont réintégrés
dans la C.G.T. clandestine ;
1945
: la C.F.T.C. est reconnue comme centrale représentative
à la libération grâce au rôle joué par ses militants dans
la résistance.
Après
la période de la guerre et du fascisme, les syndicats apportent
leur soutien aux partis de gauche et à la reconstruction
du pays.
1948
: scission CGT en C.G.T. (communiste) et C.G.T. - F.O.
et création de la FEN (enseignant). C'est la période de
la guerre froide. La CGT colle au PCF et à l'URSS.
VI
- LA RECONSTRUCTION SYNDICALE
Depuis
1936, certains militants C.F.T.C. ont entamé un débat
sur les orientations du syndicat et le groupe d'étude "Reconstruction"
en 1946 va introduire la notion de revendications
sociales et de Socialisme Démocratique (autogestion). En
1955, cette ligne obtient 40 % des mandats au congrès.
1964,
la CFTC devient la C.F.D.T., une minorité décidant de rester
C.F.T.C.
1966,
premier accord au niveau confédéral CGT - C.F.D.T.
1968,
les accords de Grenelle : 4
semaines de congés payés, augmentation des salaires, 40
heures perdues en 1938.
1970
: la C.F.D.T. réaffirme les principes d'autogestion et la
nécessité de l'indépendance syndicale. Elle apparaît comme
le syndicat le plus rénovateur face aux changements du monde
du travail et aux bouleversements technologiques. Son discours
novateur (35 heures, place des femmes dans le travail, droit
à la formation, indépendance) est en phase
avec la nouvelle génération de travailleurs
principalement dans le secteur tertiaire.
1976-1978
: les luttes de la sidérurgie.
1981
: arrivée de la gauche au pouvoir, 39 heures par
semaine, 5ème semaine de congés payés.
La C.F.D.T. s'implique dans les différents gouvernement
et bloque les revendications des travailleurs.
Suffrage
universelle : système dans lequel le corps
électoral est constitué par tous les citoyens
qui ont la capacité électoral
Prolétaire
: 1. personne exerçant un métier
manuel et ne disposant pour vivre que de la rémunération,
peu élevée, que lui alloue la personne à
qui il vend sa force de travail - salarié aux revenus
modestes - (prolo). 2. Antiq. Rom. Citoyen de la dernière
classe, exempt d'impôts et qui n'était considéré
comme utile que par les enfants qu'il engendrait.
La Commune
de Paris : (18 mars 1871 - 27 mai 1871), le
gouvernement insurrectionnel français, La Commune,
formée à Paris après la levée
du siège de la ville par les Prussiens et l'installation
de l'Assemblée à Versailles, fut l'oeuvre
de socialistes et d'ouvriers qui cherchèrent à
gérer les affaires publiques sans recours à
l'État. Elle fut renversée au cours de la
" semaine sanglante " (21-27 mai). L'entrée
des troupes de Thiers dans Paris fut suivie par l'incendie
des bâtiments publics (Tuileries, Hôtel de Ville),
et aux massacres des Parisiens par les " Versaillais
" les communards répondirent par l'exécution
d'otages (dont Mgr Darboy). Les derniers combats se déroulèrent
au Père-Lachaise (mur des Fédérés)
et la répression fut très dure, avec de nombreuses
condamnations à mort et à la déportation.
Mur des
Fédérés : mur du cimetière
du Père-Lachaise, à Paris, devant lequel furent
exécutés les derniers défenseurs de
la Commune (mai 1871).
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Front
populaire
(mai 1936 - avril 1938) : période pendant laquelle
la France fut gouvernée par une coalition de partis
de gauche. Formé par l'alliance de partis de gauche.
Formé par l'alliance du Parti communiste, de la SFIO
et du Parti radical. Le Front populaire remporte les élections
de mai 1936 et arrive au pouvoir avec Léon Blum.
il réalise d'importantes réformes sociales
(semaine de 40 heures, relèvement des salaires, congés
payés, conventions collectives, délégués
ouvriers) dans le cadre des accords Matignon. Sous la pression
des évènements extérieurs (guerre d'Espagne),
le Front populaire se disloque (démission du premier
cabinet Blum, juin 1937) et prend fin en avril 1938, lors
de l'accession au pouvoir d'Édouard Daladier. |
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| Léon
Blum, Maurice Thorez, Roger Salengro (de gauche à
droite), lors de la manifestation du 14 juillet 1936 place
de la Nation à Paris. |
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